
✺ Le contexte
Las Terrenas grandit. Ses jeunes restent sur le rivage.
Le tourisme dominicain a crû de 5,2 % par an pendant une décennie. Cette croissance, à elle seule, n’a pas atteint les jeunes de la ville. Les données expliquent pourquoi.
Une croissance qui ne se partage pas
Qui visite Las Terrenas aujourd’hui voit des chantiers, de nouveaux hôtels, des restaurants pleins en saison. Qui y vit voit autre chose : les mêmes jeunes que toujours, à attendre une opportunité qui passe sans s’arrêter.
Les deux images sont vraies en même temps, et il existe une explication documentée.
Entre 2009 et 2018, le tourisme et les services ont porté une croissance économique moyenne de 5,2 % par an en République dominicaine. La même analyse qui rapporte ce chiffre — une évaluation des risques éducatifs commandée par l’USAID en 2019 — souligne que ces activités ne requièrent pas de main-d’œuvre hautement qualifiée. Traduction : le secteur croît en recrutant à bas coût, et la croissance seule ne relève ni les salaires ni les carrières des habitants.
La croissance n’est pas le problème. L’absence de passerelle vers elle, si.
Ce que disent les chiffres de l’éducation
La même étude décrit le point de départ de nos étudiants.
55 %
- Part de ceux qui entrent en maternelle et terminent le secondaire.
65 %
- Plafond de la couverture au niveau secondaire, contre une moyenne latino-américaine de 76 %.
38 604
- Adolescents hors du système au niveau secondaire à l’échelle nationale.
58,7 %
- Des garçons qui quittent l’école le font pour travailler, dans des emplois informels, et n’y reviennent pas.
19 %
- Des élèves du primaire sont en retard scolaire — environ 239 000 enfants. 74 % d’entre eux ont envisagé d’abandonner.
Source : USAID, Rapid Education and Risk Analysis — Dominican Republic, juin 2019.
Ces données expliquent un choix de conception qui surprend parfois : dans notre phase de savoirs de base, nous enseignons l’espagnol — lecture et écriture — aux côtés de l’anglais, des mathématiques et de l’informatique. Ce n’est pas un ornement. Une partie de nos étudiants arrive avec des difficultés de lecture, et notre processus de sélection est pensé pour ne pas exclure celui qui ne peut pas remplir un formulaire écrit.
Deux échecs, pas un
Ce que nous observons à Las Terrenas se sépare en deux problèmes distincts.
Décrocher l’emploi : sans formation technique, il n’y a pas de porte d’entrée dans un secteur qui, paradoxalement, recrute toute l’année.
Le garder : celui qui entre sans habitudes professionnelles, sans gestion du stress ni outils de communication, repart au bout de quelques mois. Et un départ précoce coûte double, car il laisse le jeune là où il était et confirme à l’employeur son préjugé sur le recrutement local.
À cela s’ajoute un troisième élément, plus difficile à mesurer : le désengagement. Des jeunes sans projet propre, sans image de leur propre avenir pour laquelle tenir un emploi.
C’est pourquoi le programme a cette forme
Chaque élément répond à l’un de ces échecs.
Sans compétences techniques
- 12 semaines de formation dans l’une des trois spécialisations.
Sans expérience démontrable
- Alternance réelle : 3 jours en entreprise, 2 jours en cours.
Sans base scolaire
- Espagnol, anglais, mathématiques et informatique dès la semaine 1.
Sans compétences comportementales
- Une phase entière : ponctualité, communication, stress, travail en équipe.
Sans projet propre
- Le projet de vie, avec des séances individuelles.
Sans réseau
- Plus de 15 entreprises partenaires et un accompagnement après la formation.
Le tout gratuit pour l’étudiant sélectionné, en groupes de 12 au maximum, dans des installations où la pratique se fait avec de vrais clients et de vrais hôtes.
Ce que nous mesurons
Nous nous fixons des objectifs explicites et les évaluons promotion après promotion : 90 % de diplomation, 90 % d’insertion professionnelle ou de création d’activité, 95 % d’étudiants placés en alternance, 75 % inscrits au système des anciens, et la présence aux rencontres de suivi à 6 et 12 mois.
Nous publions ces objectifs parce qu’une fondation qui ne raconte que de belles histoires ne peut pas se corriger. Après chaque promotion, les étudiants évaluent la formation et l’équipe décide de ce qui change.
Comment aider
Les chiffres ci-dessus décrivent un problème structurel. Notre réponse est délibérément petite et concrète : 108 jeunes par an, un par un, dans une seule ville.
Entreprises de Las Terrenas
- Accueillez des stagiaires, ou enseignez dans votre propre spécialité.
Institutions et fondations
- Le cadre logique, les indicateurs et les sources sont disponibles pour toute discussion sérieuse de financement.
Particuliers
- 500 USD couvrent la bourse complète d’un étudiant pour les 12 semaines.